Un quinquennat catastrophique pour le dialogue social dans la fonction publique

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Alors qu’une rencontre multilatérale concernant l’agenda social est prévue le 18 mars, la récente adoption des décrets relatifs à la réduction de l’indemnisation des arrêts maladie, contre l’avis de la CFDT, envoie un énième mauvais signal aux organisations syndicales et aux 5,7 millions d’agents publics.

À côté de la plaque ! La CFDT Fonctions publiques ne mâche pas ses mots après l’adoption des décrets actant la baisse de l’indemnisation des arrêts maladies pour les agents publics durant le conseil commun de la fonction publique du 19 février. Une mesure purement idéologique, rejetée par l’ensemble des organisations syndicales, mais aussi par les représentants des employeurs de la fonction publique territoriale et hospitalière, qui s’inscrit dans une logique dite de fonctionnaires bashing.

Concrètement, une fois les textes publiés, les agents seront indemnisés à 90 % (contre 100 % aujourd’hui). « Cest inadmissible et d’autant plus insensé que cela intervient quelques mois à peine après la signature d’un accord prévoyance qui engage les signataires à améliorer la couverture existante, déplore Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques. Cela revient à faire des économies sur le dos des collègues qu’un médecin aura jugé nécessaire de mettre en arrêt maladie, cela pénalise les malades quand on prétend viser les fraudeurs… Surtout, cela fait fi de l’exposition au risque maladie lié à nos métiers et à nos conditions d’exercice. Le gouvernement prend une lourde responsabilité à nourrir ainsi le populisme ambiant et porte un nouveau coup dur à ceux qui font la fonction publique. »

“Le temps utile au dialogue se réduit comme peau de chagrin”

Il n’est cependant pas question de baisser les bras et de s’avouer vaincus. « Nous ne renonçons pas. Nous continuerons d’en demander l’abandon [de la baisse de l’indemnisation] ou la mise en place de compensations. » À n’en pas douter, donc, le sujet devrait être abordé lors de la réunion multilatérale du 18 mars prochain consacrée à l’agenda social, comme annoncé par le ministre de la Fonction publique, Laurent Marcangeli. Si les débats budgétaires peuvent expliquer la tenue tardive de cet échange, Mylène Jacquot regrette la perte de temps : « Ce quinquennat est décidément catastrophique en matière de dialogue social. Il est déjà nettement avancé… et le temps utile au dialogue social se réduit comme peau de chagrin. »

Alors que le pouvoir d’achat des agents publics est mis à mal, la CFDT continue de réclamer la tenue d’un rendez-vous salarial. « Des rendez-vous salariaux décevants, nous en avons connu beaucoup trop. Mais des rendez-vous salariaux inexistants, il n’y en a eu qu’un : en 2024. Et nous ne souhaitons pas que cela recommence en 2025 ! La CFDT le revendique et le préparera car les sujets ne manquent pas : Gipa, hausse du Smic, tassement des grilles, égalité professionnelle, mobilités, indemnités diverses… Les vecteurs d’amélioration du pouvoir d’achat sont légion ! »

Par Guillaume Lefèvre
Journaliste

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D’après l’article initialement publié par Syndicalisme Hebdo

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